Quelles sont les causes principales du TDAH ?
Qu’en sait-on ?

Cet article sur les causes du TDAH est la synthèse écrite de la vidéo proposée le 02 décembre 2021 par Sébastien Henrard, psychologue spécialisé en neuropsychologie et spécialiste du TDAH.
Cette vidéo est la quatrième d’une série de vidéos publiées sur sa chaîne Youtube : vous trouverez les liens vers sa vidéo et les liens vers les autres synthèses en bas de page.


Des facteurs génétiques et environnementaux comme causes du TDAH

Ce qui ressort du consensus mondial sur le TDAH est que c’est une combinaison et une accumulation de facteurs génétiques et environnementaux qui engendrent un développement cérébral atypique. 

Cette combinaison de facteurs s’organise au moment du développement foetal ou du développement précoce. 

Dans de rares cas, des symptômes similaires peuvent faire penser au TDAH et être dus à : 

Les facteurs et les causes identifiés ne sont pas utiles au diagnostic de TDAH. 

Il est en effet difficile de faire un lien direct entre un de ces facteurs et l’impact d’un trouble de l’attention. 

Plusieurs causes sont mises en avant : 

Liens entre facteurs génétiques et causes du TDAH

Des études au niveau mondial menées sur des jumeaux montrent un lien entre les interactions des gènes et l’environnement et l’émergence du TDAH dans la vie quotidienne. 

Il existe de nombreux variants du risque génétique et il est difficile de mettre en avant un gène unique impliqué dans l’émergence d’un TDAH. 

C’est bien la combinaison de plusieurs variants génétiques qui implique l’apparition potentielle du trouble. 

Il est important de noter que des influences génétiques et environnementales sont partiellement partagées avec d’autres troubles psychiatriques. 

C’est alors ce qui explique les nombreuses comorbidités avec des maladies psychiatriques : le TDAH, seul, est plutôt rare. 

Lien entre l’exposition aux substances et causes du TDAH

Il existe un lien, faible mais réel, entre l’exposition au plomb et l’apparition de symptômes du TDAH.

 Les pesticides sont également associés à un risque plus important de TDAH. 

L’exposition au tabac pendant la grossesse et/ou une exposition passive au tabac pendant la période de développement augmentent les risques de TDAH. 

Un lien existe également entre la prise de paracétamol pendant la grossesse, et à la prise d’un anti-épileptique, et l’apparition des symptômes du TDAH.  

Il est difficile de mettre en évidence un lien direct entre des facteurs de pollution et le TDAH. Seul l’oxyde nitrique, polluant dû à la circulation automobile, montre un impact sur l’apparition de  symptômes du TDAH. 

Les colorants alimentaires sont effectivement associés à une légère augmentation de l’hyperactivité chez les enfants, mais indépendamment de la présence ou de l’absence d’un TDAH.

Il n’y a pas de lien direct mis en avant avec la consommation de sucres et le TDAH. 

En revanche, un lien est souvent établi par les familles. C’est en fait plutôt la situation vécue par l’enfant qui engendre les comportements rapportés : rassemblements familiaux, agitation, etc, plutôt que la consommation de sucres elle-même.

Liens entre carences nutritionnelles et TDAH

Les études ne montrent pas de différence du taux de fer sérique chez les personnes à TDAH. 

N.B. : le taux de fer sérique désigne la quantité de fer en circulation libre dans le sang, qui n’est pas fixé aux globules rouges. 

Cependant, des différences faibles sont à noter dans les taux de ferritine sérique (protéine qui stocke le fer). Certaines études rapportent des réductions, et d’autres rapportent des augmentations faibles de ferritine.  

Des niveaux plus faibles d’omega 3 dans le sang ont été observés chez des patients présentant un TDAH.

Liens entre les événements pendant la grossesse ou l’accouchement et causes du TDAH

Des taux de vitamine D maternels plus faibles sont associés à l’apparition d’un TDAH chez l’enfant.

Ces différentes informations, comme celles qui suivent, constituent autant de marqueurs sur sur lesquels il est intéressant de travailler pendant la grossesse en termes de prévention. 

Il existe un lien entre la prématurité, le faible poids à la naissance et l’émergence d’un trouble de l’attention. 

Plus la prématurité est importante, plus le risque de TDAH est élevé.

Plus le poids est faible à la naissance, plus le risque de TDAH est élevé. Plus le poids augmente, plus le risque diminue. 

Il existe un lien entre la prééclampsie (élévation anormale de la tension artérielle lors de la grossesse) et l’émergence d’un TDAH.

Il existe un lien entre l’obésité de la mère pendant la grossesse et l’apparition des symptômes d’inattention et d’hyperactivité.

Un lien est mis en avant entre l’hypertension artérielle pendant la grossesse et le TDAH chez l’enfant.

Enfin, il existe un lien faible entre l’hyper- et l’hypo-thyroidie pendant la grossesse et la présence de symptômes du TDAH chez l’enfant.

Liens entre carences, stress, pauvreté et TDAH

Le stress engendré par la perte d’un proche pendant la grossesse, ou l’exposition à des facteurs de stress pendant la grossesse sont liés à une plus grande probabilité du TDAH chez l’enfant. 

Le TDAH est associé au fait d’avoir été exposé à des violences ou négligences physiques et/ou violences sexuelles pendant la jeunesse.

D’autres facteurs comme la pauvreté, des placements en dehors de la famille, la criminalité chez un parent, le trouble mental parental, la dissension importante dans un couple sont autant de facteurs possibles de TDAH chez l’enfant.  

A l’inverse, une grande cohésion familiale et un soutien communautaire constituent des facteurs de protection face aux symptômes du TDAH. 

Conclusion

Il existe un très grand nombre de facteurs de risques génétiques et environnementaux. 

Ces facteurs sont intéressants pour comprendre le TDAH, son origine et mettre en place des mesures de prévention. 

Par exemple : compenser un manque de vitamine D chez la mère, diminuer le stress pendant la grossesse, faire attention à la structure familiale et au soutien apporté, poursuivre la prévention relative à la consommation de tabac pendant la grossesse sont autant de facteurs de prévention face aux risques de TDAH.

Sébastien Henrard insiste sur le fait qu’aucune de ces causes ne peut être utilisée directement pour établir le diagnostic. Elles ne font qu’augmenter le risque statistiquement. 


La vidéo proposée par Sébastien Henrard est disponible sur Youtube.

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